Lifestyle

La vérité sur ma vie à Londres

Hello tout le monde, comme promis je vous écrit un article sur ma vie à Londres, comment elle a évoluée depuis ces deux dernières années, entre l’excitation du début au ras-le-bol de la routine. Comme beaucoup de créatifs je me lasse rapidement, je ressens le besoin de changer mon quotidien, mais vous verrez aussi qu’il y a beaucoup de changements que j’ai été poussé à faire pour mon bien, au-delà de l’envie de nouveauté. Récemment j’ai décidé de quitter mon job et de partir voyager peu importe les conséquences et c’est pourquoi je suis aujourd’hui dans une situation que je qualifierai de « transitionnelle ».

Tout d’abord je vais revenir rapidement (du moins c’est ce que je pensais quand j’ai commencé à écrire cet article, mais en fait je vous ai écrit un pavé, sorry haha) sur mes débuts à Londres. Je vais vous parler de mon parcours, de mon arrivée en 2016 à aujourd’hui. Ce qui m’a donné envie de partir, la joie d’être pleinement indépendant mais aussi des galères, du coût de la vie incommensurable et j’en passe.

C’est donc en Avril 2016 que tout a commencé. J’étais en licence d’éditions à La Roche-sur-Yon, je ne me plaisais pas du tout là-bas et n’avais qu’une envie: partir. Et comme j’avais effectué deux ans auparavant un stage en Angleterre, c’est tout naturellement que je me suis tournée vers Londres pour mon dernier stage d’étude. Londres est une ville qui de toujours, m’a fait rêvée. Son architecture, ses ruelles étroites et mystérieuses, ses pubs, c’est toute une atmosphère, un peu vintage qui m’a donné envie de m’y installer. Le sentiment de sécurité dans ce pays à également joué un grand rôle dans mon choix. Pouvoir me balader en jupe, à toute heures sans être arrêtée tous les deux mètres par des mecs sans respects ou education m’a vraiment convaincu. Je me suis donc mis en quête d’un stage et après des semaines de recherches j’ai décroché un stage dans ce qui était sensé être une boîte de mode. Mais en réalité quand je suis arrivée, ça a été la surprise, la boite n’existait pas, physiquement parlant. C’était juste un mec avec ses deux designs de sweatshirt qui cherchait une graphiste/assistante. Lui, m’ayant fait croire que je bosserai dans des bureaux au Sud de la ville, j’avais pris une chambre là-bas. Résultat je me retrouvais dans une des banlieues les plus dangereuses de Londres sans raison, puisque je bossais de chez moi. J’aurais pu vivre n’importe où… Finalement ce n’était pas si mal, je travaillais de chez moi (ce qui était plus simple, surtout que je m’étais faite voler ma carte bancaire direct en arrivant donc je n’avais pas de sous pour les transports…). Mes horaires étaient flexibles, j’étais dans mon comfort à la maison et je pouvais sortir toute la nuit, je n’avais pas de compte à rendre au bureau le matin. Ces quatre mois se sont écoulés très très vite, mon examen de fin d’année est lui aussi arrivé trop vite et avec mon ‘faux stage’ je vous laisse imaginer comment j’ai galèrer pour valider mon diplôme! Enfin bref, diplôme en poche je me retrouve chez mes parents pour plusieurs mois, dû à des problèmes de santé, je suis forcé de rester dans la campagne bretonne. Après avoir étudié loin de la maison depuis des années, je n’étais pas mécontente de rentrer et de les retrouver, au contraire, ça me faisait le plus grand bien. Seulement après trois mois, j’avais de nouveau la bougeotte! Je ne rêvais que d’une chose, retourner sur Londres et travailler. J’ai donc pris un vol pour un jour et demi, j’ai passé deux entretiens et décroché mon premier boulot. C’était un rôle de graphiste dans une compagnie de prêt à porter, j’étais hyper enthousiaste. Quelques semaines plus tard, me voila donc de retour, sans logement, naive, rêveuse et loin de m’imaginer à quel point la vie va devenir difficile.

Pendant le premier mois je logeais dans la chambre d’un de mes potes, nos horaires étaient complètement différents, la coloc était bruyante, pour dormir c’était l’enfer. En plus de cela je n’étais pas tout à fait remise de mon opération, et je devais faire 4h de transports par jour pour aller au boulot. Un mois plus tard je trouvais un logement, £800/mois pour une chambre mal isolée dans un minuscule appartement  avec trois personnes avec lesquelles je n’avais aucunes affinités. Pendant 5 mois, j’ai été travaillé en dehors de la ville, 4h par jour pour aller bosser dans une compagnie faisant preuve de manque de professionnalisme. Une boss autoritaire au point de faire pleurer ses employés, humiliations publiques, pas de contrat pour moi… J’essayais de me concentrer sur le positif, j’étais à Londres, je bossais, j’avais en quelque sorte atteint mon objectif, je n’allais pas renoncer aussi vite… Mais les problèmes ont commencés. Le premier obstacle étant mon salaire. J’étais payé £1100 pour un loyer à £800 et un pass transports à £230, ce n’était pas jouable. J’ai donc du trouver un deuxième boulot en parallèle. Je suis donc devenue promotrice pour les fameux club d’élites de Londres où j’avais l’habitude de sortir. Graphiste de jour et promotrice de nuit, ne dormant que trois ou quatre heures par nuit. C’était compliqué, mais j’aimais mon job en club, certe ce n’est pas un job éthique (je ne rentrerais pas dans les détails) mais je m’y amusais et j’avais la meilleure équipe possible (Martine, Julien, Regis, Camille, Killian si vous passez par là…). Je me voyais tenir ce rythme plus longtemps seulement j’ai du faire face à un deuxième obstacle. C’est quelque chose dont je n’ai parlé avant mais je me rend compte que c’est assez commun dans le milieu du travail pour les femmes, donc je pense qu’il faut en parler. J’ai donc été victime de harcèlement sur mon lieu de travail, de jour. Il faut savoir que la compagnie était composée à 99% d’hommes, Indiens, qui n’ont pas forcément eu la même éducation en terme de respect de la femme. J’ai donc fait face à quelques problèmes, et après m’être fait rire au nez par la boss après avoir expliqué la situation, me disant « tu es blanche, blonde, mignonne tu t’attendais à quoi?! » j’ai réglé le problème. Je suis allé à l’autre CEO qui m’a pris très au sérieux, et heureusement pour moi, avait remarqué ce qui se passait. Il a très bien géré la situation mais pour moi il était tout de même temps de partir. Je me suis donc mis en quête d’un nouveau boulot.

Arrive Avril 2017, je suis fatiguée, j’enchaine les malaises, dans le métro, dans la rue, j’ai besoin de stopper ce rythme, le manque de sommeil, le stress au travail, stress des transports.  Je fais trois entretiens avec Lipsy et décroche le job parmis 250 candidats, je suis super heureuse. Je quitte alors mes deux jobs et part une semaine en Sardaigne me changer les idées. Je reviens en forme, prête pour un nouveau départ. Je commence mon nouveau boulot qui me plait énormément, graphiste, cette fois-ci en plein centre de Londres, entourée d’Anglais dans une boite très réputée. Dans la foulée je rencontre mon copain, mes parents me rendent visite, tout va pour le mieux! Mais voilà quelques mois plus tard, le retour des galères, cette fois-ci avec mon logement, mon agent abuse. Ils met toutes les factures à mon nom (eau, électricité, gaze, internet) en plus de mon loyer et internet ne fonctionne pas. En plus de cela, mes colocs s’en vont, et lui se présente à l’appartement de plus en plus régulièrement, sans s’annoncer, ce qui est parfaitement illégal. Il vient également lorsque je ne suis pas là, je me sens mal à l’aise et plus chez moi. Il est temps de partir. Je quitte donc mon logement pour emménager avec mon copain, et après des semaines (mois?) de bataille avec mon agent, je récupère finalement ma caution.

Novembre 2017, tout semble aller mieux. Hormis des problèmes de santé que les médecins ne sont pas capable d’identifier.On notera quand même qu’il est difficile d’être pris au sérieux par les médecins ici. On m’a fait arrêter mon régime végétarien, on m’a accusé d’anorexie mais il a quand même fallu que j’attende un an et demi pour enfin avoir des examens et un réel diagnostic.  Les malaises avaient également repris sans raison apparente. Les médecins en France pense que mes problèmes sont généré par le stress et qu’il faut que je m’éloigne de la ville. Ma décision est prise, je vais quitter mon job, mon copain va faire de même et nous voilà en train de planifier notre voyage. En juillet nous partons donc à Los Angeles, où l’on se sent bien, détendu, libre et tellement heureux. (je reviendrais sur le voyage à LA dans un autre article). Au Japon c’est un peu différent, je fais face à un réel choc culturel auquel je n’étais honnêtement pas préparée. On pensait s’installer au Japon en janvier prochain, mais notre voyage nous a permis d’ouvrir les yeux et de nous rendre compte que ce n’était pas une bonne idée.

Nous voilà donc de retour sur Londres. Et je m’excuse pour le long pavé que j’ai écrit pour en arriver là mais je ressentais vraiment le besoin d’être transparente avec vous. Parce que bien évidemment sur les réseaux tout semble beau et la vie semble facile. Je reçois beaucoup de messages me disant que j’ai de la chance, où que tout me réussi mais la réalité est bien plus nuancée. J’ai du faire face à beaucoup de galère dans l’ombre. Donc maintenant je vous avoue que je suis dans un nouveau tournant. J’ai toujours des problèmes de santé, rien de grave, mais assez problématique au quotidien. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de me lancer en freelance. Pour avoir un rythme plus adapté, des horaires plus flexibles, moins de transports, donc moins de stress. C’est un énorme challenge, un risque sachant que la vie ici est excessivement cher mais c’est un pari que je veux prendre. J’espère sincèrement que ça va fonctionner… et je vous tiendrais évidemment au courant pour la suite.

Merci à tout ceux qui auront lu l’intégralité de l’article. C’est le texte le plus personnel que j’ai écrit jusqu’ici, et pas le plus facile. Je suis de nature assez fière et je déteste admettre mes faiblesses, mais voilà je me suis dit qu’il était temps de vous expliquer réellement comment c’est passé mon parcours. Et là, j’ai mis en avant principalement les difficultés que j’ai pu rencontrer, mais sur une note plus positive il y a également eu beaucoup d’accomplissements. Je me suis installée à Londres, la ville de mes rêves, j’ai trouvé l’amour, je me suis enrichie de deux ans d’expériences en tant que graphiste et j’ai beaucoup voyagé (Sardaigne, Laponie, Paris, Japon, Los Angeles).

With love xx

Allison

You Might Also Like

1 Comment

  1. Joyful Dreams

    septembre 25, 2018 at 8:46

    C’est très intéressant à lire et ça permet de se rendre compte un peu de l’envers du décor 🙂 La vie parfois est pas facile et elle nous fait pas de cadeau. Mais il faut savoir rester fort et se battre pour réussir 🙂 Je passe aussi par une passe pas très fun de ma vie, où j’ai dû revendre une entreprise où j’avais beaucoup donné et me lancer en freelance. Je te souhaite donc plein de courage et surtout de chance dans cette aventure 🙂 J’espère que les choses se passeront mieux pour toi apres.
    Bisous.

Leave a Reply